Chaque année, le 1er mai est associé à la Fête du travail, aux manifestations syndicales et au traditionnel brin de muguet. Mais cette date, aujourd’hui chômée et payée, trouve son origine dans une longue histoire sociale, marquée par des revendications ouvrières et parfois par de violents affrontements.
Une journée née des revendications ouvrières
C’est en 1889, lors de l’Internationale socialiste réunie à Paris, que le 1er mai est adopté comme journée internationale des travailleurs. Cette date devient alors un symbole de mobilisation pour les ouvriers, qui réclament notamment de meilleures conditions de travail et des avancées salariales.
À ses débuts, le 1er mai n’a pourtant rien d’une fête. Les rassemblements sont avant tout revendicatifs, souvent tendus, et peuvent être durement réprimés.
L’un des épisodes les plus marquants survient le 1er mai 1891 à Fourmies, dans le Nord. Une fusillade éclate lors d’une manifestation ouvrière : neuf personnes sont tuées et 35 autres blessées. Ce drame marque durablement l’histoire du mouvement ouvrier français.
Le 1er mai devient une journée chômée
Il faut attendre 1920 pour que le 1er mai soit officiellement reconnu comme une journée chômée en France. La date reste toutefois étroitement liée aux luttes sociales.
Le 1er mai 1936 marque notamment le début d’une importante vague de grèves. Quelques semaines plus tard, ces mobilisations contribuent à l’adoption de grandes avancées sociales, dont les deux premières semaines de congés payés et la semaine de 40 heures.
En 1941, Pétain impose la “Fête du travail”
L’expression “Fête du travail” apparaît sous le régime de Vichy. En 1941, le maréchal Pétain décrète le 1er mai comme “Fête du Travail et de la Concorde sociale”. Cette nouvelle appellation remplace alors l’ancienne “Fête des travailleurs”, davantage associée au mouvement ouvrier et aux luttes syndicales.
Après la Libération, l’expression est conservée. Le 1er mai devient alors une journée chômée et payée, telle qu’on la connaît aujourd’hui.
Un jour férié dans une grande partie de l’Europe
Aujourd’hui, la Fête du travail est un jour chômé dans la quasi-totalité des pays d’Europe. Quelques exceptions demeurent, notamment les Pays-Bas et la Suisse, où le 1er mai n’est pas systématiquement férié sur l’ensemble du territoire.
En France, cette journée reste à la fois un jour de repos, un moment de mobilisation sociale et un symbole fort de l’histoire des droits des travailleurs.